On nous demande parfois notre « thèse d'investissement ». La réponse honnête : nous n'avons pas de thèse, nous avons des habitudes. Les voici.

Première conviction : le réel se visite

Nous n'avons jamais investi dans un actif que personne de la maison n'avait visité. Cette règle nous a coûté des opportunités « évidentes » — dont plusieurs se sont mal terminées pour d'autres. Elle nous a surtout évité les dossiers dont la beauté n'existait que dans le mémorandum.

Deuxième conviction : l'alignement ne se déclare pas, il se paie

Dire « nos intérêts sont alignés » ne coûte rien. Co-investir son propre capital, au même prix et aux mêmes conditions que ses investisseurs, coûte — et c'est précisément pour cela que c'est crédible. Nous sommes au capital de chaque opération que nous proposons, sans exception depuis l'origine.

Troisième conviction : la transparence est une discipline, pas un discours

Le reporting qui n'arrive que lorsque tout va bien ne sert à rien. Le nôtre part chaque trimestre, que le trimestre soit bon ou pas : avancement, flux, écarts, décisions. Nos investisseurs ont accès aux mêmes documents que nous — dans leur espace, pas sur demande.

Les cicatrices

Douze ans, ce sont aussi des erreurs : un calendrier de dragage trop optimiste, un opérateur hôtelier remplacé en cours d'exploitation, une sortie retardée de dix-huit mois pour ne pas vendre au mauvais moment. Aucune n'a coûté le capital d'un véhicule ; toutes ont durci nos critères. C'est peut-être la définition la plus honnête de l'expérience : des refus mieux affûtés.